TwistAndShoot

Come on Baby, Twist and Shoot !

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« Je vois des gens qui sont morts (…) Ils ne savent pas qu’ils sont morts[Sixième Sens]

Spoiler (n. m. de l’anglais to spoil) : Révélation qui, en dévoilant l’élément clef de l’intrigue gâche totalement le visionnage d’un film. Peut entraîner des représailles sévères (sévices physiques, contrat mafieux, bizutage à la cantine, etc.)

Twist (n. m de l’anglais to twist) : danse ridicule très populaire au début des années 60 et qui consiste à se déhancher tout en bougeant les bras, un peu comme si on faisait un marathon sur place (ah non, c’est pas de ça qu’on parle ? Pardon).

Mon camarade twittos @davidwei m’a gentiment proposé de faire un article sur un sujet absolument inabordable, pour quiconque aime (comme moi) le cinéma.

Je vais donc vous parler aujourd’hui des films possédant un twist final, rebondissement ou retournement de situation qui modifie totalement la façon d’envisager un scénario. Je me dois donc de vous mettre en garde : la suite de cet article comporte un maximum de spoilers qui risquent de gâcher définitivement la vision de bien beaux films. Je vous aurai prévenu !

Cela dit, je suis gentil. Les spoilers évoqués sont indiqués entre parenthèses en caractères blancs sur fond blanc. A vous de sélectionner chaque spoiler pour le voir apparaître, comme dans l’exemple ci-après (oui, faites un effort, un peu).

Comme toujours sur ce blog, je vais me contenter de détailler en priorité les films que je connais bien. Je compte donc sur vos commentaires pour réparer les quelques oublis notables.

Et c’est parti en commençant par Memento, film complexe monté à l’envers. Les premières séquences du film en dévoilent la fin. Bon ok, quel intérêt de regarder la suite (donc le début) me direz-vous ? Je vais vous le dire, petits impatients.

L’histoire suit le personnage de Lenny, un homme atteint d’une dégénérescence neuronale : il ne peut se souvenir que d’évènements lointains de son passé, n’ayant aucun accès à sa mémoire immédiate. Ce qui l’amène à garder chacun de ses souvenirs importants sous la forme de tatouages. (Il tue donc celui qu’il soupçonne d’avoir assassiné sa femme en se basant sur les souvenirs gravés sur sa peau. Malheureusement pour lui, certains de ses souvenirs sont erronés et Lenny tue un innocent).

Et maintenant voyons le cas Fight Club : Le personnage joué par Edward Norton nous parle de sa fascination pour Tyler Durden (joué par Brad Pitt), vendeur de savon qui l’initie au Fight Club, club clandestin de combat où tous les coups sont permis. S’en suit une lente déchéance du personnage principal, sous l’influence de Tyler Durden. (Nous apprenons à la fin que Tyler Durden n’est qu’une représentation issue de l’esprit du narrateur, son moi maléfique en quelque sorte).

Même idée, mais mise en scène différente dans Identity. Le film retrace le parcours de 10 personnages se retrouvant coincés dans un motel un soir d’orage. Huis clos classique, les meurtres se succèdent et chacun soupçonne son voisin de chambre, sachant que tous ont des éléments en commun. Le dénouement est un retournement complet de situation puisque (tout le film se passe dans la tête d’un schyzophrène et que les personnes qu’il tue sont ses personnalités intérieures successives).

Usual Suspects est un cas à part. Sous ses airs de petit film de gangster, le film montre tout son potentiel dans les dernières minutes. L’intrigue est bâtie autour de la traque de Kaïser Soze, cerveau présumé d’une bande de malfaiteurs. Bien sûr, on ne sait jamais qui est vraiment Kaïser Soze, jusqu’à la dernière scène du film. (Après avoir interrogé l’un des suspects, l’inspecteur se rend compte que tous les détails donné par le suspect sur sa vie ont été puisé dans des éléments se trouvant dans le bureau de l’inspecteur. Le suspect est Kaiser Soze et il a tout inventé en direct durant cette scène). Au delà du simple twist, la scène finale est un grand moment de ciné que je ne peux expliquer ici : il faut la voir, croyez-moi.

Mais le vrai twist n’est pas juste une révélation finale, le vrai twist modifie totalement la vision que l’on a du film. Lors d’un deuxième visionnage, on peut redécouvrir le film avec un point de vue totalement différent.

Ainsi, Sixième Sens est un film souvent mésestimé alors que la révélation finale (Bruce Willis ne sais pas, en aidant un enfant qui voit des morts, qu’il est lui-même mort) est doublée d’une scénographie qui ne nous est jamais cachée : des éléments de couleur rouge apparaissent à chaque plan où la mort est présente. Aucun des personnages n’entre en contact physique avec le personnage mort, celui-ci ne peut pas interagir avec son environnement, ne serait-ce que pour ouvrir une porte.  Je vous invite d’ailleurs à revoir le film une seconde fois en vous concentrant sur l’apparition d’objets de couleur rouge : vous serez surpris !

De Sixième Sens à Les Autres, il n’y a qu’un pas. Ceux qui ont vu les deux et qui connaissent la fin l’auront compris. Le personnage joué par Nicole Kidman habite dans une grande demeure isolée avec ses domestiques et ses deux enfants atteints d’une maladie rare : la lumière du jour peut les tuer. Ils vivent donc dans l’obscurité de la maison. Les domestiques ont pour ordre de ne jamais ouvrir une porte avant que la précédente soit fermée. Dans cet atmosphère tendu, les enfants commencent à sentir la présence d’autres habitants, invisibles mais dont les manifestations deviennent de plus en plus fréquentes. On pense aux précédents habitants de la maison, décédés et revenant hanter les lieux. (en fait, comme dans Sixième Sens, les morts ne sont pas ceux qu’ont crois : les “autres” sont les habitants bien vivant d’une maison hantée par Nicole Kidman et ses enfants, qui eux sont bel et bien morts).

On termine par une séquence nostalgie. Je me remémore encore le premier twist final qui a bouleversé ma vie de cinéphile. La télévision diffusait La Planète des Singes (la version de 1968). Tout le monde connait cette histoire d’astronautes projetés dans le futur sur une planète peuplée par des singes pour lesquels les hommes sont de simples esclaves. Dans les dernières images du film, Charlton Heston arrive sur une plage déserte et le twist nous est révelé (la planète des singes est la Terre dans un futur post-apocalyptique. On voit sur la plage la Statue de La Liberté, enlisée dans le sable).

Pour les plus pervers d’entre vous, ceux qui veulent à tous prix savoir la fin avant d’avoir vu le film, je vous conseille le t-shirt spoiler, à porter en toutes occasions histoire de pourrir la vie des cinéphiles de votre entourage. En même temps, si les cinéphiles en questions n’ont pas vu les films cités, il faut qu’ils retournent dans les salles obscures. Et vite !

@Miuwee vient lui aussi de publier un article sur le sujet : n’hésitez pas à compléter le panorama présenté ici en lisant Coup de théatre !

Pour ceux qui n’ont jamais assez de spoilers, je vous invite à visionner la playlist Vodkaster “Twist final”. Mais attention, ne dévoilez rien à vos amis : ça gâcherait leur plaisir, et ça serait tellement dommage …

Et pour quelques séances de plus, vous pouvez aller voir …

  • La planète des singes (Planet of the Apes, Franklin J. Schaffner, 1968)
  • Usual Suspects (Brian Synger, 1994)
  • Sixième sens (The Sixth Sense, M.Night Shyamalan, 1999)
  • Fight Club (David Fincher, 1999)
  • Memento (Christopher Nolan, 2000)
  • Les autres (The Others, Alejandro Amenabar, 2001)
  • Identity (James Mangold, 2002)

Bonne séance … et à lundi prochain

7 réflexions sur “ Come on Baby, Twist and Shoot ! ”

  1. Le défaut, à mon avis de M. Night Shyamalan est d’avoir continué le twist final à tout va… à force les spectateurs n’étaient pas concentrés dans le film et attendaient la fin…
    Mais il y a aussi du twist final dans la trilogie Ocean (Ocean’s eleven, twelve et thirteen)

    1. En effet, M. Night Shyamalan est devenu un spécialiste du twist ending. A mon sens, la force du retournement de situation dépend de l’histoire elle-même, si l’histoire est faible, le retournement sera décevant. Pour Sixième Sens, en tous cas, l’effet de surprise est bel et bien là.

  2. Et !! Je préparais justement un article là dessus ! :)
    Sinon, Christopher Nolan est le Dieu du twist final. Il y a Memento bien sûr, mais aussi le génial Le prestige, le plus méconnu Following, ou encore son court-métrage Doodlebug. Et on s’attend bien entendu à ce qu’il y en ait un dans Inception !
    On peut aussi ajouter Inside man que j’adore, ou encore dernier Scorsese à la liste.

    1. Oui, le Prestige a un superbe twist final. Publie ton article, j’ajouterai un lien pour y faire référence et celui-ci complètera parfaitement ce post.

  3. Ok, je le termine et je te préviens ;)
    Par contre, les spoilers ne sont pas cachés chez moi, ce n’est pas le même noir que le fond de la page…

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