Les neuf reines
11 films pour 2011 : 11 oeuvres passées inaperçues ou connues d’une poignée d’aficionados. Après Les cadavres ne portent pas de costard et l‘affaire Chelsea Deardon, votre blog ciné favori (ne niez pas, je le sais) vous fait découvrir aujourd’hui Les neuf reines. Je suis trop bon avec vous.
Les neuf reines, donc, film argentin de Fabian Bielinski fait partie de ces films où les niveaux de manipulations s’imbriquent les uns dans les autres, à la manière de poupées russes : on pense avoir trouvé qui manipule qui, et puis on franchit un nouveau palier (on ouvre une poupée russe) et on découvre que le manipulateur était lui même manipulé par quelqu’un d’autre, qui lui même, etc.
Ce genre de narration a été brillamment analysé par Sylvain Rigollot dans sa Methodologie du scénario parue aux éditions Dixit (ouvrage dont je vous parlerai très bientôt en détail). L’auteur appelle ceci la règle « information personnage » :
Au moins un des personnages détient des informations que le spectateur n’a pas.
Combiné à d’autres règles narratives, la règle « information personnage » peut servir à bâtir un scénario diabolique. C’est le cas ici.
Deux petits escrocs, Juan et Marco s’associent dans le but de monter l’arnaque qui les rendra riches. Ils disposent de 24 heures pour voler puis revendre à un riche collectionneur les neuf reines, une planche de timbres très rares.
Narration intelligente, scénario solide et acteurs au top constituent les trois ingrédients de ce film qui a reçu en 2002 le grand prix du festival de Cognac. Tout ceci vous rappelle peut être La prisonnière espagnole, autre film de manipulation, très proche dans sa façon d’exposer l’histoire.
Allez, je vous laisse commander votre édition prestige. Elle doit tourner autour des 10€ sur Amazon.
























Comment ça ‘passé inaperçu’ ? Il me semble me souvenir qu’il avait eu bonne presse.
Ou me fourvoie-je ?
Bon, quoiqu’il en soit, je n’en peux plus d’attendre Ricardo (mamma mia !) dans Carancho ^^
Bonne presse certes. Mais le public s’est-il déplacé en masse ?
Ha j’ai beaucoup aimé le film, mais heureux que tu fasse référence à la prisonnière espagnole de David Mamet que j’ai fait acheter à EvilashYmetrie car pour moi c’est un classique à voir absolument!
Exactement. La prisonnière espagnole est un film qui mérite d’être vu et revu, décortiqué dans ses moindres plans. Et le scénario du film est brillant !