Nurse Jackie
Encore une série en milieu hospitalier ? Encore une, oui.
Depuis Urgences, les scénaristes américains rivalisent à celui qui introduira un nouveau concept et qui révolutionnera le genre. Après Chicago Hope, Scrubs, Grey’s Anatomy et Nip/Tuck (Cinetrafic nous rafraîchit d’ailleurs la mémoire avec sa liste de séries médicales) voici donc Jackie Peyton alias Nurse Jackie, infirmière aux urgences.
Dès les premières minutes, on est immédiatement tenté de faire la comparaison avec un certain Gregory House : comme lui Jackie a des problèmes de santé, comme lui ses problèmes l’ont conduit à être dépendante à la Vicodin (House l’avale, Jackie l’inhale), comme lui elle est d’une franchise qui fait parfois exploser les frontières du tact et des bonnes manières. Mais la ressemblance entre les deux personnages et les deux séries s’arrête là.
Nurse Jackie est une série au format court (12 épisodes de 26mn par saison), l’histoire se focalise autant sur les personnages récurrents que sur les patients admis aux urgences. C’est d’ailleurs une sacrée prouesse car chaque épisode est plein comme un oeuf, sans temps mort.
Jackie (interprétée par Edie Falco aperçue dans les séries Les Sopranos et Oz, entre autres) partage ses journées entre son travail d’infirmière au All Saints Hospital, sa copine médecin, son amant (pharmacien aux urgences qui la fournit en drogues) et ses douleurs dorsales. Son caractère entier (révélé des les premières minutes lorsqu’elle remet en place le jeune docteur -appelez moi Coop- Cooper à l’origine d’une erreur de diagnostic) cache des blessures qu’on découvre peu à peu, au travers de ses relations avec ses collègues et patients.
Comme dans toute série qui se respecte, l’épisode pilote introduit toute la complexité et le mal être du personnage principal avant de nous assener un final dévoilant sa vie de famille, paradoxalement parfaite en apparence.
Humour noir, dialogues percutants, personnages secondaires attachants (Zoey la jeune étudiante, Mohammed le confident, « Coop » le jeune médecin sujet à des tics nerveux très spéciaux), intrigues amoureuses et cas cliniques « tordus », Nurse Jackie contient tous les ingrédients d’une série à succès, l’ambivalence de chacun des personnages en plus.
Le rythme, plutôt lent au début afin de présenter les différents personnages, s’accélère en milieu de saison, ménageant quelques temps forts, dans le registre comique (la scène de l’auto-tasing de l’épisode 5) ou dans l’émotion (le touchant épisode 6 et les deux derniers épisodes servant de cliffhanger pour la saison 2).
En avançant dans la saison, on découvre la complexité de la personnalité de Jackie, sa part d’ombre et même une certaine complaisance à utiliser le mensonge pour fuir la réalité, quitte à mentir au détriment de son entourage.
La série, éditée par Metropolitan, arrive le 22 février 2011 en dvd et Blu-ray. Si vous n’avez pas eu l’occasion de voir sa diffusion sur Canal+ en 2010, je vous invite à vous procurer le coffret de la Saison 1 dans une édition comprenant, outre les 12 épisodes (dont 4 ont été réalisés par Steve Buscemi, qui a d’ailleurs, dans l’épisode , dirigé son frère Michael dans le rôle inoubliable de Dieu), les commentaires audio de plusieurs épisodes clés et quelques featurettes (interview des acteurs, des scénaristes et histoires d’infirmières).
























