Ces images que le sublime inhale
Voici un billet bien difficile à trousser (et pas seulement à cause d’un titre dont j’assume à 100% l’extrême nullitude) puisque je vais vous parler aujourd’hui de ce que vous ne pouvez pas voir. Quoi de plus invisible qu’une image subliminale ? Je veux dire une « vraie » image subliminale, qui, je le rappelle, est une image unique calée entre deux images d’un film, invisible à l’oeil nu (puisque 24 images passent devant votre oeil en une seule seconde) mais capable d’influencer les pensées du spectateur.
En effet, le propre d’une image subliminale est d’être imperceptible. J’ai moi-même profité de cet article sur le sujet pour y cacher, dans le plus grand désordre, les lettres composants le nom et le prénom d’un célèbre candidat à la présidentielle de 2012 (le premier qui trouve obtiendra une récompense, dont le nom sera révélé en lisant à l’envers le prochain article du blog).
Bref, trêve de bavardage, entrons dans le vif du sujet : l’utilisation « volontaire » d’images subliminales dans les films. Et de mémoire, ces images-là ne sont pas légions. Ou alors, je ne les ai pas dénichées, tout simplement ! Pour illustrer cet article, je n’ai trouvé que quatre exemples de films contenant des images subliminales.
Dracula. Le film de Coppola est un véritable catalogue d’effets visuels à l’ancienne. Tous participent au malaise ressenti dans les scènes dans lesquelles apparait le conte Dracula. Coppola nous plonge dans l’atmosphère vampirique dès le début du film, à travers le personnage de Jonathan Harker, interprété par Keanu Reeves. Lors de son voyage à travers la Transylvanie le menant à la demeure du célèbre vampire, le train de Jonathan Harker traverse des paysages aux ciels rougeoyants au milieu duquel semble apparaitre des yeux démoniaques. L’apparition est furtive mais dure suffisamment pour apporter une sensation désagréable au spectateur.
Une nuit en enfer. Seth Gecko et son frère Richard prennent en otage une femme qu’ils séquestrent dans une chambre de motel. Devant s’absenter, Seth laisse la femme en compagnie de son frère, sachant bien le risque que court la victime, seule avec un homme au passé psychiatrique pour le moins trouble. Lorsque Seth retourne dans la chambre, il découvre la femme sur le lit, massacrée et probablement violée par Richard. L’état d’esprit de Gecko au moment de la découverte du corps est accentué par une sanglante image de la chambre insérée sous forme de flashes dans cette scène du film.
Se7en. Tiens, un film de David Fincher utilisant des images subliminales ? Nous verrons plus loin que Se7en n’est pas le seul film de Fincher dans ce cas. Le réalisateur utilise ici le procédé pour montrer un souvenir de l’inspecteur Mills, à la toute fin du film, pointant son arme et prêt à tirer. Le point de vue de l’inspecteur est représenté en image subliminale, non pas par ce qu’il a dans son champs de vision, mais par un souvenir heureux relatif à la personne qu’il contemple. Cette insertion d’image intervient juste avant le dénouement que l’on sait si on a vu le film et que je ne vous dévoilerai pas si vous ne l’avez pas vu (notez au passage la maestria avec laquelle je me suis débrouillé pour ne pas spoiler le chef d’oeuvre hautement « spoilable » de Fincher ! Je m’épate moi-même).
Fight Club. Last but not least, voici le mètre étalon de la manipulation mentale, THE film dont on ne doit pas trop parler sous prétexte de spoiler à mort et de bouziller un twist final de dingue. Quand on parle d’images subliminales dans le chef-d’oeuvre de David Fincher, on pense immédiatement au sexe masculin inséré juste avant le générique de fin (si ma mémoire est bonne. Vous confirmez ?) mais qui a remarqué les 4 autres images de Tyler Durden disséminées dans le film ? Personne n’a rien vu ? Vous êtes tous sûrs de ça ? Allez, une petite vidéo pour vous ouvrir les yeux. Vous allez y voir les 4 séquences truquées d’abord à vitesse réelle, puis au ralenti, histoire d’admirer le boulot et de comprendre que la révélation finale était suggérée tout au long du film (mais non, j’ai pas spoilé !)
Si vous avez d’autres exemples d’utilisations d’images subliminales (en se limitant aux images insérées par le réalisateur lui-même, pas la peine de me proposer le cas des Disney), n’hésitez pas à commenter.
Bonjour chez vous !


























Han, énorme les quatre images dans Fight Club. La première, j’avais déjà remarqué mais pas les trois autres. J’aime !!! =p
Pour ce qui est de fight club (qui pour moi est mon film culte) je les connaissais mais ça fait plaisir de les revoir ces incrusts. Mais c’est vrai que celle du pénis dans le cinéma ou une fillette et ses parents regardent le film est mémorable !
Par contre si je vois a quoi tu fais référence dans les autres films, pour une nuit en enfer je ne m’en souvenais pas ou n’y avait pas fait attention.
C’est très furtif, pour Une nuit en enfer. Je l’ai revu il y a quelques semaines : Clooney entre dans la chambre et on ne voit jamais la scène en entier : juste des flashs du corps ensanglanté de la femme.
Au passage il y a en tout 9 images subliminal dans Fight club, si si ! Faites bien attention.