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Gebo et l’ombre

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Ceci est le récit d’une expérience. Ne connaissant absolument rien de l’œuvre de Manoel de Oliveira, j’ai tenté d’aborder avec un œil neuf et un courage à toute épreuve le dvd de Gebo et l’ombre. 90mn après, j’étais arrivé à une conclusion sans appel : Oliveira n’est pas fait pour moi.

Pourtant, les conditions d’un rendez-vous avec un film que je redoutais ardu étaient réunies : Michael Lonsdale, Claudia Cardinale et Jeanne Moreau au casting, et une intrigante histoire : Gebo vit avec sa femme Doroteia et leur belle-fille Sofia, attendant chaque jour des nouvelles de leur fils João. Dans la maison, le temps semble s’être arrêté, suspendu dans l’attente du retour du fils prodigue. Lorsque João réapparait, la vie des trois personnages s’en trouve bousculée.

Oui mais voilà : Oliveira excelle dans l’art des plans fixes. Sa caméra est statique, à l’instar des personnages. Elle compose de superbes tableaux, certes, mais auquel il manque un peu d’âme. Le travail du directeur de la photographie est mis à l’honneur par ses intérieurs sombres, à peine éclairés par la lueur d’une lampe à huile. L’unité de temps et de lieu est respectée à la lettre puisque dans une seule et même pièce, en temps réel, 5 personnages conversent.

Plus proche du théatre que du cinéma, cette conversation à 5 voix (plus une !)  rappelle les pièces de Nathalie Sarraute (il s’agit d’ailleurs de l’adaptation d’une pièce de théâtre du début du siècle), comparaison honorable mais on est loin de ce que j’attends d’une œuvre filmée et, malgré ma bonne volonté, je suis resté hermétique au charme discret de cette tragédie oliveirienne.

Pour les adorateurs du patriarche Oliveira, une belle édition dvd distribuée par EpicentreFilms est disponible depuis le 5 mars 2013. En dehors des traditionnelles bandes-annonces et filmographies du réalisateur et des acteurs, cette édition comporte deux autres bonus : l’avant-première de la Cinémathèque Française de Paris (en présence de Costa Gavras et Serge Toubiana) ainsi que 13mn d’interviews de Claudia Cardinale, Leonor Silvera et Michael Lonsdale. Ces deux suppléments sont un complément indispensable du film : les points de vue des acteurs éclaire . Et puis c’est toujours un plaisir d’écouter le grand Michael Lonsdale évoquer les metteurs en scène qui l’ont dirigé. Si, comme moi, vous n’êtes pas séduit par le film, je vous invite à regarder ces interviews et ces échanges qui donnent des clefs pour apprécier une oeuvre austère, à lectures multiples.

En résumé, un bel objet pour les afficionados de Manoel de Oliveira (premier réalisateur centenaire en activité, tout de même !). Mais une œuvre bien trop hermétique pour pénétrer dans l’esprit du cinéaste. Une oeuvre à appréhender progressivement, à petits pas.

Cinetrafic nous propose bien d’autres films à découvrir, allez faire un tour de ma part du côté des sorties cinema et des bandes annonces.

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